je remarque de petites choses. je suis très centrée sur mon corps, ses réactions et la fabuleuse puissance du cerveau humain sur tout ce qui est physique.
j'ai la gorge serrée. au départ j'ai cru que c'était une sorte d'effet secondaire bizarre de mes petits cachets mignons. je me suis demandée si ma langue n'avait pas commencé à gonfler au fond de ma gorge... quelle drôle de sensation.
et puis j'ai remarqué que je n'avais cette sensation que dans certaines circonstances. au boulot. quand collègue mentionne le fourbe (oui, repassons au surnom initial qu'eliott lui avait trouvé, ça lui va à merveille), mais aussi juste quand je suis devant mon ordi et que je suis censée bosser. (je n'y arrive pas, j'ai un désintérêt profond pour mon travail)
je suis tendue, repliée sur moi. ça c'est quand il est assis un peu trop près de moi en réunion et qu'on est penchés sur la même feuille tous les deux. ou quand collègue ne me regarde plus dans les yeux (depuis deux semaines, je ne la sens pas vraiment. mon instinct, oh grands dieux est une chose à laquelle je me fie encore parce que je me suis rarement trompée)
je n'ai toujours pas faim. enfin si, parfois, mais je n'ai pas envie de manger. à vue de nez (je n'ai pas de balance) j'ai perdu 3 ou 4 kilos. certains soirs je préfère manger liquide parce que l'alcool passe, lui, et au moins quand je bois ça va mieux. j'arrive à rire.
bon, j'arrive à rire aussi sans alcool, faut pas déconner. j'en suis pas à ce point là. mais c'est fugace, et j'ai l'impression en riant que c'est un peu faux.
j'ai des moments d'énervement suivis de moments super drôles. j'ai l'impression d'être sur un putain de grand huit émotionnel qui fait chier.
bref.
je sais pas trop ce que je vis, j'ai juste l'impression que toutes les fois ou je me suis cassé la gueule dans ma vie j'ai réussi à me relever mais pas tout à fait comme il fallait. je me suis réparée avec des bouts de ficelle. qui ont craqué, mais pas tous, pas encore.
et puis, le fourbe a décidé de ne plus rien me dire de ce qu'il se passe ou de comment il se sent.
quand je parle les personnes s'effondrent, il me répond quand je lui dis qu'il peut toujours me parler pendant une pause clope. je lui dis qu'il m'agace.
quand je lui dis que ça m'attriste monumentalement qu'il ne veuille plus me parler (par texto, à 1h du mat parce que je voulais être sûre qu'il était bien rentré. oui, je suis un cas désespérant) il me répond je suis contagieux très chère. je suis un lamantin désormais silencieux.
donc je me répète en boucle: je ne peux pas sauver quelqu'un qui ne veut pas l'être. je ne peux pas me sacrifier pour lui. de toutes façons, il se passe un truc pas net avec collègue.
je veux pas être au milieu de tout ça. en plus de souffrir avec eux, je serai bouffée par la jalousie parce que ouais, j'ai raison, je ne suis pas assez intéressante pour qu'on tombe amoureux de moi. pauvre petite fille.
c'est très difficile n'empêche, d'être obligée de me détacher de deux personnes dont je m'étais rapprochée au point de les considérer comme des amis. je me rends bien compte maintenant que si moi j'ai cette attitude d'amie avec eux, la réciproque n'est pas vraie.
j'ai envie que mes amis soient honnêtes avec moi. c'est la base des choses, non?
du coup ça fait une semaine que je les vois en mode autarcique, à faire la gueule et aller mal. là où le fourbe a au moins la décence (?) de me dire que ça ne va pas mais qu'il ne me dira rien, collègue fait comme si de rien n'était et va parler au fourbe (elle l'a au téléphone devant moi, elle me demande quand il est parti... faut pas non plus me prendre trop pour une conne) ça provoque un sentiment de rejet tellement énorme que je le vis forcément mal. avec eux, pas de demie mesure: soit t'es dans le bateau des dépressifs soit tu le regardes couler de l'extérieur. tu peux pas essayer d'aider, d'être là en te protégeant un peu. et si t'es pas contente, va te faire foutre.
je crois qu'à force d'y penser, à force de les voir faire comme si je ne voyais rien, je vais leur péter un plomb bien sévèrement. leur dire tout ce que je pense de leur comportement merdique, de notre situation à la con, et que leur belle amitié ils peuvent se la carrer au cul.
le pire c'est qu'ils seraient encore capables de se servir de ça comme engrais pour leur marasme.
comme dit ma tigresse: lâche prise. trace ta route.
je ne peux pas sauver les personnes qui ne veulent pas l'être. mais je ne peux pas les regarder se casser la gueule à ce point, ça me fait mal. et ça me fout en rage. je fais quoi alors?
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