(pour le contexte, je ne crois pas en avoir parlé ici mais un de mes collègues qui est là 2 jours par semaine est devenu un pote au fil du temps. je suis même partie fêter nouvel an à barcelone avec lui, c'est dire. bref, quand je parlerai de ré, c'est à lui que ça fera référence.)
ou comment au détour d'une nième conversation de boulot je me rends compte que je passe mon temps à demander aux gens de me donner les réponses que je cherche. quand je parle avec ré, il a toujours une démarche que je trouve très agréable, c'est de me dire ce qu'il pense mais aussi de me poser des questions pour me faire avancer. et aussi de me foutre le nez dans ma merde assez doucement, en me disant tu ne peux pas dire ça et t'arrêter là, il doit bien y avoir une évolution.
bref. épiphanie donc cet après midi, où je me rends compte que je passe mon temps à me référer aux gens pour voir ce que je vais faire. que je cherche toujours l'approbation de quelqu'un, alors qu'au final c'est moi qui vit ma vie. c'est à moi de me poser les questions pour savoir ce que je veux, et c'est surtout à moi d'y répondre. sans prendre en compte ce que les autres en pensent. enfin. je peux toujours écouter les conseils, mais il ne faut pas que ce soit la ligne directrice.
on en revient donc à essayer de trouver ce que je veux, mais je suis un peu trop dans le cambouis pour trouver tout de suite. c'est un travail de longue haleine que j'entreprends là, et je ne suis même pas sûre de réussir à garder la motivation pour continuer.
si j'étais plus à l'aise financièrement, je la ferai cette psychanalyse (et pourtant j'avais en horreur cette idée, mais après avoir vue le psy à douze mille dollars je pense que ça me serait utile) mais au final, je suis déjà dans cette démarche, à dépatouiller tout ce que j'ai en tête constamment. dès fois j'ai juste besoin de pointeurs, de quelque chose ou quelqu'un qui me permette de voir les choses sous un angle différent.
bon, après coup (c'est à dire le lendemain, étant donné que j'ai laissé cette note en friche le temps de rentrer chez moi passer la soirée avec mes jus) je me dis qu'il est aussi assez facile de laisser aux autres la liberté de me donner une direction. je ne dis pas que c'est bien, je dis que c'est facile.
prenons le fourbe par exemple, avec qui je suis allée boire une bière en terrasse ce midi (on devait juste aller manger. ça s'est fini en bière/clopes/parlons taf) (j'ai réussi à le faire parler de lui, ça m'a fait rire sa façon de me remettre dans la discussion non mais là on ne parle pas de moi, on parle de toi, de ton poste et en ce moment c'est ce qui me tient à cœur. il est mignon) (bref, je me suis perdue dans mes parenthèses)
donc, prenons le fourbe et cette discussion boulot. question récurrente en ce moment: qu'est-ce que tu veux? en ce moment tout ce que je veux c'est me barrer, quitter ce lieu malsain et pesant pour pouvoir voir d'autres horizons. je lui ai dit que la semaine dernière je pensais très sérieusement à négocier mon départ, et il m'a dit que je ne pouvais pas me le permettre. que j'étais comme lui, coincée financièrement et que c'était pas une option de me barrer sans rien. il n'a pas tort, mais son côté tu ne peux pas m'énerve. parce que même si ce serait une galère sans nom, je peux me barrer. j'ai l'impression qu'il est comme moi, qu'il ne veut pas voir les gens autour de lui se barrer parce qu'il ne veut pas rester derrière tout seul comme un con. on fonctionne vraiment pareil parfois (mis à part le fait qu'il a choisi le côté obscur: les béquilles alcool-drogues. ne pas chercher à aller mieux mais de s'enfoncer un peu plus)
bref.
sachant que je ne sais pas ce que je veux et que je n'ai pas de proposition concrète à faire pour améliorer mon poste c'est encore plus compliqué de répondre à une question aussi précise. encore plus difficile d'avoir un discours qui tient la route quand je passerai mon entretien avec les big boss... (très sincèrement, je n'y ai pas réfléchi. je suis clairement centrée sur autre chose en ce moment, et comme je le disais à ré hier, j'ai vraiment l'impression d'avoir fait le tour de cet endroit, d'avoir atteint mes limites d'intérêt et de challenge et très honnêtement je ne pense pas que mon lieu de travail ait encore grand chose à m'apporter...)
le fourbe y a réfléchi apparemment, me donne des choses à dire et on arriverait à une logique de poste qui pourrait tenir la route et me permettre de garder un plein temps. donc je prends, c'est facile de laisser les autres réfléchir et d'accepter.
c'est ma tactique depuis bien longtemps, laisser les autres faire. ce qui implique parfois de subir ma vie au lieu de prendre les rênes. et c'est peut être ce qui fait que je me retrouve dans une situation qui ne me convient pas, qui ne convient pas à ma personnalité et qui me donne des envies de révolte, de tout plaquer pour m'enfuir loin de tout le monde et recommencer ailleurs.
tabula rasa.
c'est peut être aussi à cause de ça que j'ai très souvent l'impression d'être invisible. si je pousse on pourrait dire l'impression de ne pas être une personne à part entière. passive. c'est assez compliqué, arrivée à 31 ans, de vouloir prendre les rênes, parce que je ne sais pas vraiment par quel bout prendre le problème.
par quoi je commence, le taf? ma vie perso? et dans ma vie perso, ça veut dire quoi exactement prendre les rênes?
j'apprends à peine à lâcher prise, laisser les gens partir en me rendant compte que ce n'est pas un drame et que ce n'est pas un abandon. j'arrive à voir le départ des jus comme quelque chose de positif, je sais que ma moule (oui je sais, encore quelqu'un avec un surnom ridicule. et encore un gay...) part pour les meilleures raisons du monde et que ça ne l'empêchera pas de revenir me voir. ou moi d'y aller (les finances font que, aussi, c'est chiant et difficile. si j'avais de la thune, un peu au moins, je serai à strasbourg bien plus souvent par exemple. surtout en ce moment)
oh, je pars en mode analyse. ce qui n'est pas trop mal, j'ai très certainement besoin de ça, mais j'ai tendance à analyser à fond, et à laisser reposer et pourrir jusqu'à ce que ça n'aille plus. je vais devoir casser le schéma, faire les choses différemment. j'ai bon espoir, si je sais une chose c'est que je suis résiliente.
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